Avec plus de 10 000 faillites d’entreprises enregistrées en 2025, la Métropole du Grand Paris atteint un niveau historiquement élevé de défaillances. Mais au-delà du chiffre, cette évolution révèle un changement de régime économique durable.

Longtemps considérée comme un simple rattrapage post-Covid, la hausse des faillites s’inscrit désormais dans une trajectoire structurelle. Pour les dirigeants, partenaires économiques et acteurs de la veille, ces données deviennent un indicateur stratégique du risque économique.

 

Un niveau de faillites historiquement élevé en 2025

Au 6 janvier 2026, la Métropole du Grand Paris comptabilise 10 295 jugements d’ouverture de procédures collectives en 2025.

Avant la crise sanitaire, le volume annuel de défaillances d’entreprises oscillait entre 7 000 et 8 000 faillites par an, avec une relative stabilité malgré les cycles économiques. Ce seuil de référence est aujourd’hui largement dépassé.

Ce niveau record ne peut plus être interprété comme une anomalie conjoncturelle.

 

Depuis la sortie du Covid, une trajectoire structurellement haussière

L’évolution des faillites d’entreprises depuis 2021 met en évidence une dynamique claire :

AnnéeNombre de faillites
20214 345
20225 520
20237 732
20249 978
202510 295 (données non arrêtés)

Cette progression traduit plusieurs phénomènes structurels :

  • la fin progressive des dispositifs de soutien public,
  • la normalisation des procédures collectives,
  • la hausse durable des charges fixes,
  • un environnement de financement plus contraint.

La trajectoire observée depuis la sortie du Covid confirme que le niveau de risque économique s’est durablement élevé.

 

Avant et après Covid : un nouveau seuil de risque économique

Avant 2020, la Métropole du Grand Paris évoluait autour d’un plateau structurel de 7 000 à 8 000 faillites annuelles, relativement stable.

Depuis 2023, ce seuil est clairement franchi.
Le niveau atteint en 2025 représente une hausse de 25 à 48 % par rapport à la période pré-Covid.

Ce basculement suggère que le tissu économique parisien est entré dans une phase de fragilité structurelle, dans laquelle les chocs conjoncturels produisent des effets amplifiés.

 

De fortes disparités territoriales au sein du Grand Paris

La Métropole du Grand Paris n’est pas homogène face au risque de défaillance.

Certains territoires cumulent plusieurs facteurs de vulnérabilité :

  • forte densité d’entreprises,
  • structures de petite taille,
  • dépendance à la consommation locale ou à quelques donneurs d’ordre,
  • marges financières limitées.

Dans ces zones, les effets de propagation sont particulièrement marqués : une faillite en entraîne souvent d’autres, accentuant la fragilisation du tissu économique local.

 

Quels secteurs sont les plus exposés aux faillites en 2025 ?

Construction : un risque toujours structurel

Le secteur de la construction demeure le plus exposé :

  • recul de l’activité,
  • coûts de production élevés,
  • tensions de trésorerie persistantes,
  • forte dépendance aux délais de paiement.

Services aux entreprises : vulnérabilité contractuelle

Les services aux entreprises restent fragiles en raison de :

  • budgets clients plus volatils,
  • contrats facilement résiliables,
  • forte concentration de clientèle.

Commerce : la dégradation la plus marquée en 2025

En 2025, le commerce dépasse son niveau de 2024 et devance désormais l’HCR en volume de faillites :

  • marges comprimées,
  • arbitrages de consommation défavorables,
  • loyers élevés,
  • concurrence omnicanale accrue.

HCR : un secteur toujours sous tension

Le secteur des hôtels, cafés et restaurants demeure fragile, bien qu’il se situe désormais derrière le commerce en volume de défaillances.

 

Procédures collectives : ce que révèle la structure des jugements

Type de procédure20242025
Sauvegardes173158
Redressements judiciaires1 5881 847
Liquidations judiciaires8 2068 279

Sauvegardes : un recours encore insuffisant

La baisse du nombre de procédures de sauvegarde indique que les difficultés sont souvent traitées trop tard, lorsque les marges de manœuvre sont déjà réduites.

Redressements judiciaires : des entreprises déjà fragilisées

La hausse des redressements judiciaires traduit une entrée en procédure à un stade avancé de dégradation économique.

Liquidations judiciaires : peu de marges de manœuvre

Le volume élevé de liquidations confirme que de nombreuses entreprises arrivent devant le tribunal sans réelle possibilité de redressement.

 

Pourquoi les faillites sont rarement imprévisibles

Dans la majorité des cas, une faillite n’est pas un accident isolé mais l’aboutissement d’un processus progressif :

  • retards de paiement fournisseurs,
  • incidents bancaires,
  • dépendance excessive à un client,
  • érosion continue des marges,
  • signaux juridiques faibles mais répétitifs.

Ces signaux faibles permettent d’anticiper les difficultés, à condition d’être suivis dans le temps à l’aide de données fiables et actualisées.

 

Pourquoi ces données sont devenues stratégiques pour les acteurs économiques

Pour les dirigeants, partenaires commerciaux, assureurs-crédit, investisseurs ou fournisseurs, ces chiffres ne constituent pas un simple constat.

Ils permettent de :

  • mieux évaluer le risque partenaire,
  • ajuster les conditions commerciales,
  • sécuriser la chaîne de valeur,
  • prioriser les actions de prévention.

Dans un environnement où le niveau de défaillance est désormais structurellement plus élevé, ne pas piloter le risque devient un risque en soi.

 

Conclusion : 2025 confirme un nouveau cycle des défaillances d’entreprises

Avec 10 295 faillites d’entreprises, la Métropole du Grand Paris ne traverse pas une anomalie statistique, mais bien une nouvelle phase durable du cycle économique.

Le seuil d’avant-crise, situé entre 7 000 et 8 000 faillites annuelles, appartient désormais au passé.
La question n’est plus de savoir si le volume va redescendre, mais comment les acteurs économiques vont s’adapter à ce nouveau niveau de risque.